Santo Daime

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Le Santo Daime est une religion syncrétique issue du christianisme qui s’appuie sur différentes traditions religieuses et spirituelles, notamment le catholicisme, le spiritisme africain et le chamanisme sud-américain. Cette religion fut fondée dans les années 1930 dans l’état brésilien d’Acre par Raimundo Irineu Serra. On réfère à ce dernier avec respect dans la religion Santo Daime en tant que «Mestre Irineu».  

D’une façon générale, les Églises Santo Daime tentent d’inculquer chez leurs membres un style de vie sain et évolutif, conforme aux valeurs cardinales de Mestre Irineu, soit l’harmonie, l’amour, la vérité et la justice, ainsi que des valeurs doctrinales clés telles que la force, l’humilité, le service, la fraternité et la pureté du cœur.

Prenant naissance initialement à Rio Branco dans l’État d’Acre, le Santo Daime s’est avec le temps transformé en une religion nationale répandue sur tout le territoire du Brésil, puis en un mouvement international au courant des années 1990. Les rituels du Santo Daime, appelés «Travaux», sont organisés autour d’une structure très précise (décrite en détails plus loin).

L’offrande de l’Ayahuasca, nommé plus spécifiquement «thé Daime» dans ce cadre contrôlé et structuré, est considéré comme un enthéogène [1], et comme le guide principal des pratiquant(e)s de cette cérémonie spirituelle.

Le chant de certains hymnes spécifiques, la méditation silencieuse et la prière forment la base et les principes directeurs entourant l’offre du sacrement, et les danses structurées dans le cadre de certains rituels, jouent également un rôle important dans la formation d’un courant spirituel fort au sein du groupe des participant(e)s.

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Raimundo Irineu Serra (Mestre Irineu) est le fondateur de la religion Santo Daime. Il est né à São Vicente Ferrer, dans l’état de Maranhão dans la région nord-est du Brésil le 15 décembre 1890 et fut élevé par des parents catholiques, Sancho Martinho Serra et Joan de Assunção Serra.

Après la mort de son père, Serra fut encadré par son parrain Paul Serra et déménagea dans la capitale de São Luis en 1904. Manaus à l’époque était au début d’une «ruée au caoutchouc». Entre 1912 et 1914, il rencontre ses compatriotes de Maranhão travaillant dans l’industrie du caoutchouc près de la frontière entre le Brésil, le Pérou et la Bolivie, Antonio et Andre Costa, qui commencent à s’intéresser à l’Ayahuasca, qu’ils appellaient «huasca».

La première vision significative que reçut Mestre Irineu fut celle du «Divin Féminin», qui lui est apparue lors d’un soir de pleine lune, vision qu’il a qualifiée de «Déesse Universelle». Il reçut d’elle les instructions de se retirer dans la forêt pendant huit jours, avec seulement de l’Ayahuasca à boire et du manioc (tapioca) bouilli à manger. Dans la forêt, il a reçu pour instructions de développer une nouvelle foi dans laquelle l’Ayahuasca devait être appelé «Daime». Ces directives lui auraient été données par un être spirituel dans lequel il a plus tard reconnu la Vierge de l’Immaculée Conception, connue également sous le nom de «Reine de la forêt». Ces rencontres ont déterminé sa trajectoire de vie, ainsi que celle de ceux et celles qui allaient suivre ses traces, que l’on nomme le «peuple de Juramidam». Suite à cette expérience, il a commencé à diriger des cérémonies spirituelles en utilisant le Daime. 

Mestre Irineu a ouvert son premier centre à Rio Branco, la capitale d’Acre, en 1930. Avec les frères Costa, il fonde tout d’abord le Centre O Circulo Regeneração e Fé (Le Cercle Régénération et Foi) et, par la suite, à la périphérie de la ville de Rio Branco, le Centro de Iluminação Cristrã Luz Universal (Centre d’Illumination Chrétienne Lumière Universelle), le CICLU.

Il recevait encore des visions de la Reine de la forêt à l’époque; il a d’ailleurs reçu plus de 130 hymnes au cours des années, hymnes qui constituent l’ensemble de sa doctrine. À l’origine, les enseignements du Santo Daime n’existaient pas sous forme écrite, la plupart des premiers pratiquants étant analphabètes. La pratique spirituelle était orale et l’apprentissage se faisait par l’expérience, en chantant des hymnes pendant les rituels. Les recueils d’hymnes des premiers pratiquants sont devenus depuis les écritures et les principes directeurs du Santo Daime.

 Après la mort de Mestre Irineu en 1971, c’est Leoncio Gomes, auparavant vice-président lors du vivant de Mestre Irineu, qui fut nommé à la présidence du CICLU et une certaine scission apparut entre deux clans, les traditionnalistes du CICLU, désirant garder intacte la doctrine de Mestre Irineu, et la lignée de Sebastiao Mota de Melo et du CEFLURIS en devenir (principale lignée actuelle du Santo Daime au Brésil et dans le monde).

 Disciple de Mestre Irineu des années 1960, Sebastiao Mota de Melo (Padrinho Sebastiao), a été guidé par Mestre Irineu lui-même dans la fabrication du sacrement, duquel il a reçu la permission de tenir ses propres travaux.

Si c’est Mestre Irineu qui a initié les fondements de la religion Santo Daime au Brésil, et plus spécfiquement dans la région d’Acre entre 1930 et 1970, c’est à la lignée du Santo Daime inspirée par Sebastiao Mota de Melo, le CEFLURIS, que l’on doit la diffusion de cette religion à plus grande échelle dans l’ensemble du Brésil à compter des années 1970, puis son institutionnalisation formelle dans les années 1980, de même que son internationalisation dans les années 1990.

L’expansion du Santo Daime au Brésil et dans le monde

C’est en 1974 que la religion Santo Daime fut officiellement créée avec la mise en place du CEFLURIS (Centre Éclectique Fluente Luz Raimundo Irineu Serra) dans la région de Rio Branco au Brésil.

Les années 1980 et 1990 ont vu l’expansion et la consolidation du processus de légalisation du thé Daime et l’institutionnalisation du Santo Daime en tant que mouvement religieux officiel reconnu par les autorités du Brésil. En 1989, la certification CEFLURIS est devenue une entité nationale au Brésil. Puis c’est en 1997 que le principe de distinction entre les entités spirituelles/religieuses et sociales, financières et administratives fut établie.

Bien que, généralement, la majorité des adeptes du Santo Daime apportent encore un soutien à l’Église Ceu do Mapia (Brésil), siège social de CEFLURIS, les fonctions de cette entité ne sont pas de nature religieuse en tant que telles. Le CEFLURIS cherche notamment à promouvoir les questions sociales et environnementales dans toute la région amazonienne.

Au Brésil, il existe de nombreuses Églises Santo Daime, certaines s’inscrivant dans la lignée générale du courant CEFLURIS, mais on retrouve également de nombreuses autres dites «désaffiliées et indépendantes» du CEFLURIS. C’est le cas notamment de notre Église affiliée au Brésil, Ceu Sagrado, située à Sorocaba dans la région périphérique de Sao Paulo, Église indépendante, que nous présenterons davantage plus loin.

Sebastiao Mota de Melo – Padrinho Sebastiao

C’est à Alto Santo, au Brésil, communauté établie par Raimundo Irineu Serra (Mestre Irineu), que Sebastiao Mota de Melo (Padrinho Sebastiao) a initialement rencontré Mestre Irineu. Padrinho Sebastiao était déjà connu pour être un guérisseur et un conseiller spirituel.

Padrinho Sebastiao a rencontré Mestre Irineu par l’entremise de Daniel Pereira de Matos qui lui a d’abord servi le thé Daime dans la lignée Barquinha [2] (Moreira & MacRae 2011). Après plusieurs années de travail au sein de l’état-major de Mestre Irineu, Padrinho Sebastiao apprit à préparer le thé Daime par Mestre Irineu lui-même, duquel il reçut la permission de tenir ses propres travaux. Un peu après la mort de Mestre Irineu, Padrinho Sebastiao quitta Alto Santo et déménagea avec un groupe de fidèles vers une nouvelle communauté nommée Colonia 5000 en 1974 et créa le CEFLURIS.

CEFLURIS a ensuite été déménagée à Rio do Ouro, puis devint la communauté appelée Ceu do Mapiá, située le long de la rivière Mapiá dans l’État d’Amazonas (là où elle est encore située). C’est maintenant un village à caractère religieux et le plus grand centre Santo Daime au monde, toujours en activité.

Padrinho Sebastiao est décédé le 19 janvier 1990, «par hasard», le même jour qu’Osho (qui est le maître spirituel de quelques-un(e)s des membres de Ceu do Vale da Vida), tous les deux ayant été reconnus comme ayant favoriser la diffusion de leur «doctrine respective» au courant des années 1970 et 1980 auprès des jeunes occidentaux.

En 1998, le CEFLURIS est devenu Igreja do Culto Ecletico de Fluente Luz Universal («Église du culte éclectique de la Lumière Circulaire Universelle»), ou ICEFLU.

Cette lignée, inspirée par les enseignements spécifiques de Padrinho Sebastiao, a introduit une interprétation particulière des œuvres spirituelles ésotériques de Mestre Irineu, en incorporant divers éléments rituels empruntés au spiritisme kardéciste (Allan Kardec, français d’origine et personnalité importante au Brésil, particulièrement chez les adeptes du spiritisme) et aux religions afro-brésiliennes.

Notre église associée au Brésil

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Nous sommes associés à Ceu Sagrado, une église Santo Daime, église officielle et reconnue par le gouvernement brésilien, située à Sorocaba au Brésil, C’est là où nous nous rendons, à chaque hiver depuis quelques années, pour prendre part au Feitio, processus de fabrication du thé Daime.

Cette année, pour la première fois, comme nous avons reçu une exemption de la part de Santé Canada en décembre 2018, nous avons rapporté du thé que nous avons contribué à fabriquer. Et c’est ce thé, d’une qualité supérieure, que nous servons dans le cadre de nos travaux à Val-David.

[1]  En = à l’intérieur de / théo = divin / gène = qui génère – donc qui génère le divin en soi.

[2] 3ème grande lignée d’entité religieuse liée à l’Ayahuasca au Brésil avec le Santo Daime et Uniao do Vegetal.



Questions et réponses au sujet du Santo Daime
http://santodaime.com/en/asks/?fbclid=IwAR2LdY5Yzf4W8AVvgPgU1yxEYFtvx_6o_RHbhOSdklIEDmDUy_A8n-__JVA#01


Traduction française et adaptation d’un texte de Michael Morris au sujet du Santo Daime…

French Translation of a text by Michael Morris about the Santo Daime tradition… ORIGINAL TEXT IN ENGLISH below

QU’EST-CE QUE LE SANTO DAIME ?

Le Santo Daime est une tradition brésilienne qui explore une façon très unique de travailler avec l’Ayahuasca, différente des autres traditions et cérémonies autochtones de l’Ayahuasca que l’on nomme habituellement chamaniques.

D’OÙ VIENT LE SANTO DAIME ?

Le Santo Daime a été fondé dans les années 1930 par Mestre Irineu Serra, un homme de 7 pieds; un travailleur du caoutchouc, dans l’état de jungle d’Acre au Brésil. Il a commencé à boire de l’ayahuasca avec une tribu indigène locale.

Il a commencé à recevoir des «téléchargements» sur différentes façons de travailler avec la médecine. Les « téléchargements » étaient un ensemble d’instructions. Ces instructions sont ce que constituent aujourd’hui la doctrine du Santo Daime.

QUELLES SONT LES DIFFÉRENCES ENTRE LE SANTO DAIME ET LES CÉRÉMONIES INDIGÈNES OU CHAMANIQUES ?

En Amérique du Sud, étant donné que plusieurs personnes ont vécu des cérémonies chamaniques influencées par les populations autochtones, il est souvent utile de décrire les différences entre celles-ci et les cérémonies du Santo Daime, ou «Travaux», pour en comprendre les principales différences.

Si vous avez déjà utilisé l’ayahuasca, vous savez que d’une certaine manière, ce thé agit comme une loupe qui magnifie et amplifie ce que vous pensez, ce que vous ressentez et le monde autour et au-delà. Il magnifie également les éléments présents dans l’environnement, ce que l’on nomme le «contenant». Cet environnement modifie l’effet de la substance.

Voici les principales différences entre les cérémonies autochtones chamaniques et les cérémonies du Santo Daime.

LE «CENTRE»

On qualifie généralement les cérémonies de traditions autochtones qui utilisent l’ayahuasca de «chamaniques». Ce qui signifie que le chamane est le pilier de la cérémonie, le centre. Il ou elle porte la tradition, crée le «contenant» et est souvent la principale source génératrice de la cérémonie. Les participants viennent « recevoir » la cérémonie.

Le Santo Daime est ce que l’on pourrait appeler un «chamanisme collectif», plus participatif. Tous ceux et celles qui participent font partie intégrale de la cérémonie. Il n’y a pas de point de focalisation unique, à l’exception du centre de la pièce, avec la croix qui trône au centre de la table centrale, et qui devient une sorte de vortex; une sorte de «méta-vaisseau» dans lequel tout le monde est impliqué. C’est pourquoi il est considéré comme un chamanisme collectif.

C’est probablement aussi la raison pour laquelle la tradition de Santo Daime a tendance à générer un grand sens de la communauté, qu’on nomme chamanisme dit communautaire.

DIFFÉRENCE AU NIVEAU DE L’ ENVIRONNEMENT

LES LUMIÈRES

Les lumières sont allumées. Oui, les lumières sont allumées.

Pour ceux et celles habitués aux cérémonies chamaniques influencées notamment par les Shipibos, dans lesquelles la pièce se trouve plongée dans le noir, ou minimalement très sombre, cela est parfois difficile à imaginer.

Plusieurs bénéfices résultent d’une pièce sombre. C’est en quelque sorte une forme de privation sensorielle; il envoie la flèche de la conscience dans une direction… vers l’intérieur.  Ce qui est très valable. Mais ce n’est pas tout. Nous vivons dans le monde; notre conscience se projette la plupart du temps vers l’extérieur. Lorsque vous travaillez avec cette médecine, à la lumière, la flèche de votre conscience va dans les deux sens, intérieurement et extérieurement.

C’est une sorte de méditation en état de veille. On apprend à fonctionner dans la « force » du Daime. C’est l’un des objectif du Santo Daime et l’une des «différences fonctionnelles» entre la dynamique de cette médecine et les autres plus traditionnelles.

LA PIÈCE (LE SALÄO)

Dans le Santo Daime, toute la salle est organisée de manière à se concentrer sur le centre de la pièce, où se trouvent un autel, des bougies et des images des Maîtres de notre lignée; les porteurs de notre tradition. Généralement, les cérémonies autochtones sont organisées davantage vers la périphérie de la pièce et le centre de la pièce est vide.

Cette différence profondément fonctionnelle est peut-être l’une des raisons pour lesquelles les personnes en résonance avec les cérémonies de Santo Daime affirment souvent qu’il existe une colonne de lumière indélébile au milieu de la pièce, accessible à tout moment de notre voyage, parfois jusque dans les recoins les plus sombres de notre être.

Plusieurs personnes ont affirmé que c’est la capacité d’accéder à cette colonne de lumière au milieu de la pièce qui leur permet d’explorer les endroits les plus effrayants de leur psyché et de leur âme et de se sentir en sécurité. C’est ma propre expérience.

STRUCTURE DIFFÉRENTE

Bien qu’il y ait des tapis sur lesquels se coucher, la majorité de la cérémonie se déroule assise sur des chaises. S’asseoir sur une chaise est une position qui favorise l’attention, et on travaille avec la médecine, plutôt que de laisser le médicament agir sur soi.

Pour les débutant(e)s, il est important de laisser le médicament faire son travail; se rendre; abandonner le contrôle. Cependant, dans chaque tradition, quand on atteint un stade dit «d’apprentissage», on n’est plus autorisé(e) à se coucher. Il est requis de s’asseoir.

La position assise contribue à maintenir l’attention. On commence à prendre en charge et à diriger le médicament. C’est l’un des objectifs du Santo Daime. Certains travaux sont aussi dansés).

Le professeur est dans le verre, il n’y a pas d’intermédiaire, il n’y a pas de croyance. Simplement des instructions. E tun contact directe avec la source.

LE SANTO DAIME EST-IL CHRÉTIEN ?

Parlons des cosmologies. Les cosmologies sont décrites de manière approximative comme un moyen de cartographier le monde invisible, impliquant généralement des divinités. Les Ayahuasceros autochtones s’engagent souvent dans une cosmologie «animiste», impliquant les esprits des condors, des anacondas, des jaguars, des pumas et autres.

Le Santo Daime, émergeant des jungles du Brésil, a adopté les notions catholiques de la communauté environnante.  Ainsi, dans sa forme extérieure, le Santo Daime semble chrétien. Mais le Santo Daime a rapidement été marqué par et incorporé les pratiques spiritistes africaines connues sous le nom d’Umbanda et de Candomble, qui sont en quelque sorte des études de l’interaction entre notre âme et la danse des esprits qui se produit autour de nous, notre rôle en tant que médiums. La cosmologie de l’Umbanda et du Candomble est essentiellement «naturiste», impliquant des divinités de l’océan, des montagnes, du vent, du tonnerre et des éclairs, etc.

Le Santo Daime est donc un croisement de cosmologies et il est important de noter qu’il n’existe aucun système de croyance; ce n’est pas une religion. Les cosmologies constituent simplement le corps de nos chansons; les «cantiques» que nous chantons.

LES CHANTS

Presque toutes les vraies pratiques spirituelles impliquent l’utilisation de la voix humaine en tant que véhicule du divin. Chant, mantras, invocations, décrets, prières. L’utilisation de la voix humaine pour invoquer l’esprit dans la matière est universelle parmi la plupart des pratiques spirituelles et est au cœur du Santo Daime. Nous chantons en portugais. Nous chantons à l’unisson. La voix devient un véhicule permettant à quiconque de choisir de monter au divin; d’appeler le divin dans le monde matériel; d’agir comme un pôle central dans notre travail de médecine.

Dans notre état de veille, la méditation est la tâche primordiale que nous nous donnons lorsque nous apprenons à fonctionner dans la force du Daime. Nous pratiquons les hymnes en dehors des cérémonies et prenons très au sérieux l’étude et la pratique artistique de nos chants. Quand nous sommes pleinement dans la force de la médecine, chanter nous permet de rester présents dans la pièce et dans notre corps pendant que notre esprit plane simultanément dans l’astral. Cela nous apprend à rester éveillés et pleinement présents pendant que nous sommes dans la force.

STRUCTURE

L’ensemble des instructions reçues par Mestre Irineu constitue la structure de base de nos cérémonies et de nos pratiques. Il est communément admis que le Santo Daime est plus structuré que la plupart des pratiques d’Ayahuasca autochtones. C’est d’ailleurs souvent cette raison précise que certain(e)s sont attirés par le Santo Daime. Et le contraire est aussi vrai; c’est souvent la même la raison qui en éloigne d’autres.

La structure comprend tout, de la manière dont la salle est organisée, à la façon dont sont conduites les cérémonies, et même de certaines activités qui se déroulent en dehors de la cérémonie. La façon dont nous sommes et comment nous nous conduisons dans le contexte d’une cérémonie est primordiale.

Cette structure plus rigide du Santo Daime est l’une des raisons pour lesquelles on ne voit pas le même genre de chaos que celui qui se produit que lors de certaines autres cérémonies traditionnelles qui prennent place dans un contenant plus souple. C’est un conteneur bien tenu. C’est justement pourquoi nous, les Daimistas, l’aimons et l’apprécions.

NOTRE «TRUC»

En Amérique du Sud, quand on assiste à une cérémonie en tant que participant, on va s’asseoir par terre, recevoir du chaman et faire sa propre chose. Quand on vient à une cérémonie du Santo Daime, on vient faire NOS choses. Puisque nous ne sommes aucunement liés au tourisme Ayahuasca, nous n’avons aucun intérêt à persuader les gens de participer.

En fait, il nous est interdit de persuader quiconque de participer. Nous sommes heureux de faire notre propre travail et si cela vous attire, venez nous rejoindre. Sinon ainsi soit-il ! Personne ne fait de l’argent avec les cérémonies de Santo Daime, il n’y a donc aucune motivation financière pour faire du prosélytisme ou recruter des gens.

En fait, nous dressons même des obstacles pour les personnes, par exemple en leur demandant d’assister à une séance d’orientation et en remplissant un formulaire avant d’être accepté(e) dans nos cérémonies. Nous sommes beaucoup plus intéressés par le maintien de l’intégrité de notre espace de cérémonie que par la participation de nombreuses nouvelles personnes. Vous devez être accepté(e) pour assister à nos «travaux».

ACCEPTATION

Santo Daime est de loin la tradition la plus répandue dans le monde de l’Ayahuasca. Il est pratiqué dans plus de pays, sur plus de continents et par plus de personnes que toute autre tradition. Il a initié l’utilisation de l’Ayahuasca dans les centres de guérison pour toxicomanes, le traitement des maladies «incurables» et les programmes de réforme pénitentiaire. L’acceptation de l’Ayahuasca, qui se fait rapidement sentir dans le monde entier, est dûe pour une bonne part à la présence très crédible du Santo Daime sur la planète.

LÉGALITÉ

La légalisation de l’Ayahuasca est un problème que la plupart des adhérents à ce traitement médical ont abordé d’une manière ou d’une autre, à un moment ou à un autre. Beaucoup viennent en Amérique du Sud pour explorer la médecine sans souci légal. Des progrès juridiques ont été accomplis dans le monde entier, en grande partie grâce aux efforts organisés des adeptes du Santo Daime et d’autres organisations telles que UDV. Moi-même, j’ai eu la chance de participer au procès intenté à Santo Daime en 2009 contre le gouvernement fédéral des États-Unis en Orégon pour la légalisation du Daime, de même que l’honneur d’être l’une des 8 premières personnes à transporter légalement le médicament Santo Daime aux États-Unis (nous avions chacun une vessie de 45 litres dans nos valises).

L’organisation du Santo Daime a permis de récolter des centaines de milliers de dollars et d’embaucher les meilleurs avocats spécialisés dans les droits civils aux États-Unis dans la défense de la cause que nous avons gagnée.

Les précédents légaux établis par l’UDV et le Santo Daime aux États-Unis sont probablement la raison pour laquelle personne n’a été détenu ou poursuivi en justice pour Ayahuasca depuis de nombreuses années. L’impact de ces poursuites a été ressenti dans le monde entier et reste l’un des moteurs de l’acceptation légale de ce médicament dans le monde entier, malgré certaines arrestations dans les dernières années.

CONTRÔLE DE QUALITÉ

Dans le monde de l’Ayahuasca et dans le tourisme de l’Ayahuasca en particulier, il est extrêmement important de savoir avec qui vous êtes «assis» et de s’assurer que les personnes qui guident la cérémonie soient correctement formés et intègres car on remet une grande responsabilité entre leur mains. Cette médecine peut créer une vulnérabilité qui peut être facilement utilisée de nombreuses manières, lorsqu’entre de mauvaises mains. Dans le monde des cérémonies «centrées sur le chamane», il faut être prudent et vigilant dans ses choix. Ceci est moins risqué dans le «chamanisme collectif» du Santo Daime.

La tradition de Santo Daime est structurée pour prévenir les abus. Dans une tradition où, partout dans le monde, les gens chantent les mêmes cantiques, les mêmes cérémonies, le même jour, le même jour, à la lumière, dans un rituel communautaire, l’un en face de l’autre, il n’y a pas de place pour les abus, du moins beaucoup moins que dans les cérémonies qui prennent place dans la jungle et guidé par une seule personne.

On n’entend jamais parler de sorcellerie et de magie noire, d’attouchements inappropriés, de sortilèges, de malédictions et de guerres psychiques. Une personne peut assister à une cérémonie de Santo Daime n’importe où dans le monde et se sentir en sécurité; ce sera pareil, partout.

La cérémonie ne peut être ni altérée ni corrompue. Ce n’est pas permis. Dans une cérémonie «centrée sur le rituel» plutôt que «centrée sur le chamane», personne ne détient le pouvoir de la cérémonie, le pouvoir est partagé et ne peut donc pas être utilisé de manière abusive, du moins beaucoup moins.

POUR CEUX ET CELLES QUI CHOISISSENT LE SANTO DAIME

Avec la disponibilité abondante des cérémonies d’Ayahuasca dans la vallée sacrée, c’est un choix unique de participer au Santo Daime. Ce n’est certainement pas pour tout le monde. Ceux d’entre nous qui choisissent de le faire partagent souvent les mêmes raisons.

Premièrement, c’est le «contenant» le plus sûr pour découvrir la médecine de l’Ayahuasca.

Deuxièmement, la source de lumière indélébile au milieu de la pièce nous donne une plus grande permission pour explorer les profondeurs de notre âme et de notre psyché avec fermeté et courage.

Troisièmement, le Santo Daime offre une voie progressive, avec des étapes claires et un soutien de la communauté. Quand on évolue dans cette voie de la médecine, passant d’invité à apprenti, un sens de l’orientation devient important. Ce sens de l’orientation est indéniable dans le Santo Daime.

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ENGLISH

« WHAT IS SANTO DAIME ?

Santo Daime is an Ayahuasca tradition from Brazil that explores a very unique way of working with the medicine that produces different results than indigenous Ayahuasca traditions and ceremonies.

WHERE DID SANTO DAIME COME FROM ?

Santo Daime was founded in the 1930s by Mestre Irineu Serra, a 7 foot tall black man; a rubber tapper in the Jungle state of Acre Brazil. He began drinking Ayahuasca with a local indigenous tribe. He began to receive “downloads” about different ways of working with the medicine. The “downloads” were a set of instructions. Those instructions are what is today, Santo Daime.

WHAT ARE THE DIFFERENCES BETWEEN SANTO DAIME AND INDIGENOUS OR INDIGENOUS-INFLUENCED CEREMONIES ?

In Peru and other places, because so many people have experienced indigenous ceremonies or certainly indigenous– influenced ceremonies, it is often useful to describe the differences between those and Santo Daime ceremonies, or “Works” as a way of understanding the set of instructions that we are working with and the different results that may produce. Yes, different results. If you have worked with this medicine for a while, you know that from one perspective it’s like a gigantic magnifying glass. It magnifies what you’re thinking, what you’re feeling and the world beyond that. It also magnifies anything that is changed in the environment or “container”. This changes the results achieved from working with the medicine.

So let’s discuss some of the differences between indigenous ceremonies and Santo Daime ceremonies. Some of those differences are….

THE CENTER OF SPIRIT

Indigenous Ayahuasca ceremonies and traditions are what you might call “shaman–centric”. Meaning that the shaman is the locus of the ceremony. He or she carries the tradition, creates the “container”, and is often the sole generating source in the ceremony. The participants come to “receive” the ceremony.

The Santo Daime is what one might call “collective shamanism”. It is participatory. Everyone who chooses to becomes the generating source in the ceremony, simultaneously. There is no single point of focus, except for the center of the room, which becomes kind of a vortex; a kind of meta-shaman in which everyone is involved. This is why it is considered collective shamanism. This is also probably the reason why the Santo Daime tradition tends to generate a great sense of community. It’s community Shamanism.

DIFFERENT ENVIRONMENT

THE LIGHTS

The lights are on. Yup, the lights are on. For those who are accustomed to Shipibo or Shipibo- influenced ceremonies in which the room is dark, this is sometimes difficult to imagine.

There is great value in a dark room. It’s a form of sensory deprivation; it sends the arrow of consciousness in one direction… inward. This is good. But it’s not everything. We live in the world; our consciousness projects outward most of the time. When you work with this medicine in the light, your arrow of consciousness goes both directions, inward and outward.

It’s waking state meditation. It’s learning to FUNCTION in the ”force” of the medicine. This is also good. This is the focus of the Santo Daime and the functional difference in “how” the medicine is used.

THE ROOM (THE SALÄO)

In the Santo Daime the entire room is organized to focus on the center of the room, where there is an altar and candles and pictures of the Masters in our line; the carriers of our tradition. Typically, indigenous ceremonies are organized around the periphery of the room and the center of the room is empty. This profoundly functional difference is perhaps one reason why people who resonate with Santo Daime ceremonies often state that there is an indelible column of light in the middle of the room. One which is accessible at any time in our journey, sometimes to the dark corners of our being. Many people have said that it’s the ability to access the column of light in the middle of the room that gives them great permission to journey into some of their scarier places within their psyche and soul and feel safe. Myself, included.

DIFFERENT PHYSIOLOGY

Although there are mats to lay down on, the majority of the ceremony is conducted sitting in chairs. Sitting in a chair is a physiology of attention and working with the medicine, rather than having the medicine work on you. For beginners it’s important to lay down to allow the medicine to do its work; to surrender; to give up control. However, in every medicine tradition, when one reaches the point of “apprenticeship”, one is no longer allowed to lay down. You must sit. That’s why they call it ”sitting” in ceremony. Sitting is the physiology of attention. It is beginning to take charge and direct the medicine. This is the focus of the Santo Daime. (Sometimes we dance).

The teacher is in the glass, there are no middleman, there are no beliefs. Simply instructions.

IS SANTO DAIME CHRISTIAN ?

Let’s discuss cosmologies. loosely described, cosmologies are a way of mapping the unseen world, usually involving deities of some sort. Indigenous Ayahuasceros often engage an “animist” cosmology, involving the spirits of condors, anacondas, jaguars, pumas and the like.

The Santo Daime, emerging from the jungles of Brazil, adopted the Catholic clothing of the surrounding community. So in its outer form the Santo Daime appears Christian. The Santo Daime soon encountered and incorporated the spiritist practices of Africa known as Umbanda and Candomble. Studies of the interplay between our soul and the dance of spirits that occur around us. Our role as mediums, if you will. The cosmology of Umbanda and Candomble is primarily ”naturist”, involving deities of the ocean, the mountains, the wind, thunder and lightening, etc., as well as mapping the strata of spirits that occupies the astral from angelic to demonic.

So the Santo Daime is an intersection of cosmologies and what’s important to note is that there are no belief systems; it’s not a religion. The cosmologies simply make up the body of our songs; the “hymns” we sing.

SINGING

Nearly all true spiritual practices involve the use of the human voice as a vehicle to the divine. Singing, chanting, mantras, Invocations, decrees, prayers. The use of the human voice to invoke spirit into matter is universal among most spiritual practices and it is central to the Santo Daime. We sing in Portuguese. We sing in unison. The voice becomes a vehicle, for anyone who chooses, to ascend to the divine; to call forth the divine into the material world; to act as a center-pole in our medicine work. In our waking state meditation it is the primary task we give ourselves as we learn to function in the force of the medicine. We practice the hymns outside of ceremony and we take very seriously the study and artful practice of our singing. When we are fully in the force of the medicine, singing allows us to remain present in the room and in our bodies while our spirit simultaneously soars in the astral. It teaches us to remain awake and fully present while in the force of the medicine.

STRUCTURE

The set of instructions received by Mestre Irineau form the basic structure of our ceremonies and practice. It is commonly acknowledged that the Santo Daime is more structured than most indigenous Ayahuasca practices. For those who are attracted to the Santo Daime, this is often the reason. For those who are NOT attracted to the Santo Daime this is also often the reason.

The structure involves everything from how the room is organized to how the ceremonies are conducted and even some activities that occur outside the ceremony. It addresses what we wear, and how we conduct ourselves in the context of ceremony. This very structure of the Santo Daime ceremony is one reason why one does not witness the same kind of chaos that can occur in indigenous ceremonies with a much more loosely held container. It is a tightly held container. That’s why we Daimistas like it. This is our thing.

OUR THING

In South America, land of Ayahuasca tourism, when one attends ceremony as a participant, one goes to sit on the floor, receive from the Shaman, and do your own thing. When one comes to a Santo Daime ceremony, you’re coming to do OUR thing. Since we are are in no way connected with Ayahuasca tourism, we have no interest in persuading people to participate. In fact, we are forbidden to persuade anyone to participate. We are happy doing our own thing and if it is attractive to you, come join us. If not, so be it. No one makes money from Santo Daime ceremonies so there is no financial motivation to proselytize or enroll people. In fact, we place hurdles in front of people like having to attend an orientation and be screened before someone is accepted into our ceremonies. We are far more interested in maintaining the integrity of our ceremony space than in introducing new people to it. You have to be accepted to attend.

ORGANIZATiON

The Santo Daime is definitely the most organized Ayahuasca tradition in the world. As with all organizations that has benefits and challenges. Three of the significant benefits to the organization of the Santo Daime are acceptance, legality and quality control.

ACCEPTANCE

Santo Daime is by far the most prolific Ayahuasca tradition in the world. It is practiced in more countries, on more continents and by more people than any other medicine tradition. It has initiated the use of Ayahuasca in healing centers for addicts, the treatment of “incurable” diseases and in prison reform programs. The rapidly emerging worldwide, mainstream acceptance of Ayahuasca is due, in large measure, to the very credible presence of Santo Daime around the planet.

LEGALITY

Legalization of Ayahuasca is an issue that most adherents of this medicine path have addressed in one way or another, at one time or another. Many come to South America to explore medicine without legal concern. Legal strides have been made around the world, in large part, due to the organized efforts of Santo Daime and other organizations like UDV. I had the fortune of participating in the successful Santo Daime lawsuit, in 2009, against the federal government of the United States for legalization of the sacrament. As well as the honor of being one of the first 8 people to legally transport Santo Daime medicine into the U.S. (We each carried 45 liter bladders in our suitcases).

The organization of the Santo Daime is what allowed the raising of hundreds of thousands of dollars and hiring of the best civil rights lawyers in the US. to fight the case. The legal precedents set by the UDV and the Santo Daime in the U.S. are likely the reason that no one has been detained or prosecuted for Ayahuasca in many years. The impact of these lawsuits has been felt around the world and remains a driving force behind the worldwide, legal acceptance of this medicine.

QUALITY CONTROL

In the world of Ayahuasca and in Ayahuasca tourism in particular, it is extremely important to know who you are “sitting” with. To ensure they are properly trained, to measure their integrity

and have a sense of “safety” in their hands. This medicine can create a vulnerability that can be easily abused in many ways, in the wrong hands. In the “shaman-centric” world of ceremonies one must be cautious and vigilant in one’s choices. This is unnecessary in the “collective shamanism” of the Santo Daime.

The Santo Daime tradition is structured to prevent abuse. In a tradition where across the world people are singing the same hymns, in the same ceremonies, at the same time, on the same day, in the light, in a community ritual, facing each other, there is no space for abuse. You don’t ever hear of sorcery and black magick, inappropriate touching, hexes, curses and psychic warfare. A person can walk into a Santo Daime ceremony anywhere in the world and feel safe; it will be the same, everywhere. The ceremony cannot be altered or corrupted. It is not allowed. In a “ritual-centric” rather than “shaman-centric” ceremony no one person holds the power of the ceremony. It is shared. There is no single locus of power so power cannot be abused.

FOR THOSE OF US WHO CHOOSE SD

With the abundant availability of Ayahuasca ceremonies in South America, it is a unique choice to participate in the Santo Daime. It is certainly not for everyone. Those of us who do choose to, often share the same reasons. First, that it is the safest “Container” in which to experience the medicine of Ayahuasca. Second, that the indelible source of light in the middle of the room gives us greater permission to explore the depths of our soul and psyche with courage. Third, that the Santo Daime offers a progressive path, with clear steps and community support. When one matures in this medicine path from being a guest to stepping into apprenticeship, a sense of direction becomes important. That sense of direction is unmistakable in the Santo Daime. »